ForsideBøgerExposition Universelle In… De L'exposition, Vo.l 1

Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910
Organe Officiel De L'exposition, Vo.l 1

Forfatter: E. Rossel

År: 1910

Sted: Bruxelles

Sider: 452

UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel

Søgning i bogen

Den bedste måde at søge i bogen er ved at downloade PDF'en og søge i den.

Derved får du fremhævet ordene visuelt direkte på billedet af siden.

Download PDF

Digitaliseret bog

Bogens tekst er maskinlæst, så der kan være en del fejl og mangler.

Side af 462 Forrige Næste
70 L’EXPOSITION DE BRUXELLES EX r* T, ?, ^^ -^•c - <*^< mmMI 7/ j J tr. dean^a/^aux L’Arrivée du Cortège des Enfants îj délicatesse que le Comité exécutit a voulu inau- gurer la série des fêtes de l’Exposition de Bruxelles par cette fête des arbres, d’un caractère simple, intime et familial. Et s’il m’est permis de recher- cher les raisons de ce choix, je me dis que c’est probablement, à la veille du jour où vont s’élever les palais et les halls destinés à étaler les multiples manifestations du génie de l’homme, le désir de rendre un particulier hommage à celle qui est la source de ces forces, de ces énergies, que le génie humain a su assouplir, diriger ou dompter ; la Nature! » La Nature, synthétisée dans sa forme la plus simple, la plus primitive, l’Arbre! » Vous lui avez réservé, Messieurs, cet honneur d’être le premier exposant et cette originalité d’être prête même avant l'ouverture. » L’Exposition a d’ailleurs cette heureuse fortune d’un cadre merveilleux. Du haut de ses terrasses le visiteur verra se dérouler à l’horizon la ligne ininterrompue de la forêt. Le bois de la Cambre va lui faire une entrée prestigieuse, et l’on peut dire que (Exposition de Bruxelles sera une fête des arbres en permanence. » Ici même ont surgi des jardins qui formeront comme un ourlet fleuri à la lisière .du Bois, véri- tables jardins d’Armide. Ils semblent avoir été créés d’un coup de baguette par une enchanteresse bienfaisante, et certes c’est une heureuse surprise et une révélation pour beaucoup de ceux qui sont venus ici que la vue de ces jardins qui paraissent être nés en une nuit sur un signe de la main d’Armide-Vanderswaelmen. » Vous avez réalisé, à côté du Bois, ce; que nos .pères appelaient de ce terme:savoureux « un,jardin de plaisance », où l’on goûte la plaisance de vivre, de se.récréer les yeux et de se divertir . » Parmi nos invités il en est qui vous ont apporté leur concours avec empressement : ce sont nos enfants, heureux de vous témoigner leur amour pour les arbres et pour les fleurs, amour que leurs maîtres leur ont inspiré avec tant d’ingéniosité. » On leur a dit que le petit arbre qu’ils viennent d’aider à planter avec une ardeur si juvénile chante dans le bruissement de ses feuilles une chanson plus grave que le petit refrain de la brise. » Pierre Baudin a dit un jour: « C’est l’air à » tous, c’est le sol, c’est l'eau salubre, c’est la vie » qu’il faut défendre avec l’arbre, avec la feuille, » avec la broussaille, avec la plante des monts. » » Les parcs et les jardins sont les poumons des grandes cités; au fur et à mesure que les villes se développent, qu’elles étendent les cercles concen- triques des habitations agglomérées, elles éloignent les provisions d’air pur qui se constituent autour d’elles dans les campagnes environnantes. » Les miasmes, les fumées, lés vapeurs indus- trielles, les déchets humains empoisonnent l’atmo- sphère des villes, et nous nous intoxiquons lentement et mutuellement. Quel remède y a-t-il? Le meilleur, c’est l’arbre, ce mystérieux labo- ratoire, ce purificateur de l’atmosphère. C’est lui qui, multiplié par la ville, bordant les promenades, ornant les squares, peuplant les parcs et les bois, sera le bienfaiteur des citadins et leur donnera, en même temps que la joie des yeux, la fraîcheur et la pureté de l’air. » Il a, dans nos villes, sa fonction sacrée et bien- faisante, et lorsque de toutes parts des cris s’élè- vent pour demander la protection des arbres, pour arrêter toute destruction inutile et sauvage, ce n’est pas seulement un rêve de poète qui s’extériorise, ce n’est pas une clameur purement sentimentale, c’est un intérêt social, une néces- sité économique de premier ordre qui se manifeste. » Là où l’homme a aggloméré des habitations et où il n’a pas pris soin de ménager des coins de K# r La Plantation de L’Arbre verdure, il commet un crime contre lui-même, et son égoïsme et sa^sécheresse de cœur portent en eux leur châtiment. » Et puis, dans notre vie surchauffée où les diffi- cultés de l’existence, les luttes incessantes, le travail en tourbillon nous affolent, surexcitent nos nerfs, anémient notre sang, assombrissent nos pensées, ne faut-il pas que nous trouvions là, à notre portée, ces fleurs, ces arbres, qui vont verser en nous le calme, la tranquillité, le repos momen- tané? Ne sont-ils pas, ces arbres, dans nos villes, le centre d’une vie intense, en dehors de nous, qui nous fera oublier nos propres soucis? Où iraient nos oiseaux chanteurs, nos moineaux amusants comme des gamins piaillant? Et les bourdonnements d’insectes, faisant une rumeur dans la poudre d’or des derniers rayons du jour? Toute cette vie, dont nous jouissons même incon- sciemment et qui, dans nos villes, est une nécessité, ne faut-il pas la multiplier, la répandre et crier à tous : Celui qui, au milieu de nos maisons, a planté un bouquet d’arbres est un bienfaiteur! » L’Exposition, comme toute exposition métho- diquement conçue, a voulu montrer sans doute aux visiteurs de 1910 ce que sera la cité de l’avenir, voisinant avec la forêt, semée de jardins, de coins d’ombre et de fraîcheur. Elle nous fera vivre pour quelques instants le rêve que réalise- ront sans doute les enfants de nos petits-enfants, la Cité-Jardin. » Et si nous ne pouvons espérer voir ce tableau que dans le format-kodak que nous réserve l’Expo- sition, le petit arbre que nous venons de planter, notre arbre, le verra peut-être, et c’est dans cette pensée que je lui souhaite de vivre longtemps et d’être, comme le dit Victor Hugo de l’Arbre du Progrès : Le jour plein de colombes blanches, Plein d’étoiles la nuit. Il ne s’agit pas ici d’un culte, comme on l’a dit plaisamment; il ne s’agit pas, reprenant des tradi- tions celtiques, de diviniser l’arbre et de l’entourer de superstitions; il s’agit de reconnaître un ami et de le traiter comme tel. Il s’agit d’user sagement et prudemment d’un capital dont nous avons abusé, il s’agit d’organiser une vaste caisse d’épargne nationale dont les jolis bouquets de bois, les arbres des routes seront les tirelires. Et ainsi seront d’accord, dans une unanimité touchante et rare, les gens pratiques et les poètes. Alfred Mabille. tr.Jaan ^a/vaua