ForsideBøgerExposition Universelle In… De L'exposition, Vo.l 1

Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910
Organe Officiel De L'exposition, Vo.l 1

Forfatter: E. Rossel

År: 1910

Sted: Bruxelles

Sider: 452

UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel

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L’EXPOSITION DE BRUXELLES 7‘ LA FACADE PRINCIPALE DE L’EXPOSITION La régulière filiation des architectures à travers toute l’histoire connue — architecture de pierres ou architecture d’idées — est si lisible à l’œil sen- sible des artistes, peut-être plus encore qu’aux yeux patients du savant, qu’on est parfois tenté de ne voir dans cet art primordial qu’une force unique réglée par quelques lois très sim- ples et dont les plus divergentes manifes- tations, malgré la prépondérante in- fluence des races et des climats, ont tou- jours une ressemblance originelle et fon- cière de constitution et de masse. L’art, en ce sens, suit la même évolu- tion que l’animal même, dont l’essence est restée physiologiquement la même, ou l’espèce, mais dont les « milieux » ont insensiblement, avec les siècles, mo- difié les organes. Ainsi les organes d’un monument, considéré comme un être complet, donneront son âge et expli- queront sa beauté, relative aux désirs du temps et aux besoins du peuple qui le virent construire, dit M. Guillaume Dubief dans la Valeur de l'Art. A l’origine d’une formule d’art, c’est- .à dire encore d’une forme de la matière aménagée par l’esprit humain, se trouve toujours une volonté active. Le peuple inconscient la désire, la sent, la de- mande. L’artiste aussitôt arrive, qui la voit — un peu plus tôt que les autres simplement; — et, la déterminant en proportions et en rythmes, l’ap- porte joyeusement à la foule étonnée. Parfois, le Phot. Boute.'. M. J; GODY: Commissaire Général adjoint du Gouvernement belge’ plus souvent, cet étonnement du peuple, à qui l’on a parlé trop tôt, se précise en douloureuse injustice. Il suffit pour se convaincre de cette vérité de voir ce que certains auteurs ont écrit sur l’emploi du fer en général et sur l’architecture d’expositions en particulier. Car il existe ■ aussi- une architecture d’expositions qui varie quelque peu naturellement avec la latitude. J.-K. Huysmans, qui n’aimait point le fer,.a.cependant écrit une page merveil- LE DUC D’URSEL Commissaire Général du Gouvernement belge leuse pour célébrer la fameuse Galerie des machines du Champ-de-Mars, à Paris. Comme il nous faut sans cesse du neuf, on a renoncé pour la World’s Fair de 1910 au vais- seau en fer du parc du Cinquantenaire, très proche parent de celui du Champ-de-Mars. Mais on ne perdra rien au changement. Un simple coup d’œil sur la grande planche hors texte que l’on trouvera plus loin, rassurera les plus difficiles. On a dit que la façade est au monument ce que le visage est à l’être humain. Or, on périt le dire sans crainte de voir s’élever les doutes, la façade principale de notre Exposition, conçue par M. Acker, est l’une des œuvres les plus réussies du genre qui aient vu le jour. Cette façade fera face au Bois de la Cambre. Elle sera établie sur un plateau situé à quelques mètres au-dessus du niveau de la grande entrée de l’Exposition, prévue comme on le sait, à la ren- contre de l’avenue Louise avec l’avenue Jeanne. Des avenues à rampes douces conduisent à la terrasse qui régnera tout le long de la façade et qui aura une largeur totale de 27 mètres. L’espace compris entre cette terrasse et le Bois sera occupé par des jardins richement fleuris et ornés de fontaines, de statues et de vases. On désire faire là quelque chose dans le genre de ce qu’il y a au Luxembourg, à Paris, c’est-à-dire des jardins, cossus, très riches d’aspect. La façade principale, qui sera, à vrai dire, la façade de la Section belge, aura une largeur totale de 260 mètres. Chacun des angles de cette façade sera occupé par un pavillon de 35m6o de largeur. Le premier, à gauche du dessin, donnera accès à la grande salle de la Section belge, salle de 3o mètres de largeur sur 240 de longueur, et qui mettra en communication les deux parties de l’Exposition, la Section belge établie sur le terri- toire de Bruxelles et les sections étrangères grou- pées sur le territoire d’Ixelles. Le pavillon de droite formera un des côtés d’une place sur laquelle débouchera une avenue de 25 mètres, avenue bordée de pavil- lons d’architecture diverse, qui passera de plain-pied au-dessus de l’avenue Sol- bosch et, au moyen d’une galerie de 20. mètres continuant le long de cette dernière avenue, mettra tous les halls en communication. Le développement total des façades sera de. 5yo mètres, dont 35o décorés en staff et 220 de treillages.. Un portique de 8 mètres de longueur reliera les deux vestibules qu’indiquent les pavillons d’angle, vestibules qui ont chacun 5oo mètres carrés de sur- face. Ce portique donnera accès à une série de locaux où seront installés des restaurants, des cafés, des pâtisseries, etc., etc. De larges escaliers relieront le por- tique de la grande terrasse du palais, qui sera, comme les galeries qu’elle dominera, traitée richement et ornée d’objets d’art. La façade est comprise dans une note assez riche. Elle est cependant plus sobre, plus tranquille, si l’on préfère, que les bâti- ments, édifiés lors des dernières expositions internationales. Phot. Boute. M. J.-B. STORMS Secrétaire Général du Commissariat Général belge L’œuvre de M. Acker marque une étape heu- reuse dans l’évolution de l’architecture d’expo- sitions.