ForsideBøgerExposition Universelle In… De L'exposition, Vo.l 1

Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910
Organe Officiel De L'exposition, Vo.l 1

Forfatter: E. Rossel

År: 1910

Sted: Bruxelles

Sider: 452

UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel

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74 L’EXPOSITION DE BRUXELLES chef-d’œuvre, Saint Luc peignant la Vierge, nous montre son talent de composition; le Denier de Saint-Pierre, son art de grouper ses personnages, son coloris chatoyant; une Ascension du Christ nous révélera aussi le peu de naturel de ses atti- tudes et les fautes de goût que commit ce peintre fia- mand en voulant de trop près imiter les élégances ou les sublimités des Italiens. Toute une dynastie de peintres, les Franclien, par- ticipa de qualités et de dé- fauts analogues. Le plus cé- lèbre d’entre eux est ce Jérôme Francken dont le Musée d’Anvers possède des tableaux intéressants, tels que le Martyre des saints Crépin et Crépinien. Barthélemy Spranger (An- vers, 1546-1625), artiste re- marquablement doué, dis- sipa son talent dans des productions hâtives. Il passa la plus grande partie de sa vie en Italie; il séjourna à Vienne et à Prague, où il fut le peintre attitré de Ro- dolphe IL Le Musée de Bruxelles possède une œu- vre qui lui est attribuée, Susanne justifiée par Da- niel. On y remarque au premier plan un groupe plein de vie et de mouve- ment, qui à lui seul attes- terait la maîtrise de ce peintre. En même temps un genre bien particulier à la race des Pays-Bas se développe et se précise : Jacques Grim- mer, Paul Bril, Hans Bol, Molenaar, Roland Savery, les Van Valckenborgh per- fectionnent le paysage. Les primitifs, les Van Eyck, Memling, Gérard David, ! Patenier, avaient eu la vi- sion de la nature resplen- dissante et superbe, mais leur technique incomplète ne leur avait pas toujours permis de retracer sa beauté dans tous les détails. Les maîtres nouveaux ont étudié avec amour la terre qui les environne; ils ont pénétré le secret de ses splendeurs, ils seront les précur- seurs des grands paysagistes modernes et les inter- prètes des magnificences éparses çà et là dans les champs diaprés, dans les bois, sur les monts et jusque dans cette atmosphère fluide et mouvante qui dans nos pays donne aux hommes et aux Martin De Vos. — Tentation de saint Antoine choses, une lumière si douce et si particulière. A l’aube de cette renaissance tous les genres prennent d’ailleurs un nouvel essor. Le portrait, que les primitifs avaient si heureusement traité, va trouver en Adrien Thomas Key un de ses meil- leurs artistes. Ce peintre naquit à Anvers en i5q5. Ne suffit-il pas pour faire son éloge de rappeler que ses œuvres furent souvent confondues avec celles d’Antonio Moro ? Ilfest l’auteur de ces tableaux qu’on admire au Musée d’Anvers, ceux notamment où, devant des tables à leur armorial, de belles Flaman- des au visage très pur, des ancêtres à la physionomie vénérable, ayant à leur côté leurs enfants et leurs petits- enfants, au clair regard, à la noble attitude et en qui se réflètent toute l’énergie de la race, s’agenouillent et prient avec ferveur. Il faudrait par- ler encore d’Adrien Van Noort (né à Anvers en i56a) et d’Otto Van Veen (Venius) 1558-1629, qui furent les maîtres de Rubens et firent pressentir l’aurore de son génie. Les peintres du XVIIe siècle possèdent déjà les brillantes qualités qui se- ront celles des grands maî- tres de la Renaissance fla- mande. Leur contact avec les artistes italiens, le pa- tient labeur de toute une génération leur ont assuré une technique parfaite. Dé- sormais l’art de peindre n’a plus de secret pour eux. Ils ont acquis la maîtrise qui parfois donne l’illusion du génie, mais ils ont perdu la sensibilité profonde des primitifs, le don précieux d’être ému et de commu- niquer l’émotion. Si les groupements de leurs per- sonnages sont savants et bien ordonnés, ceux-ci res- tent muets devant nous. La froideur d’une technique trop raffinée ou trop habile a __________________remplacé l’émotion désor- mais absente; mais que l’in- spiration renaisse, que la flamme du génie se rallume, et nous verrons surgir un art vigoureux et moderne fait de l’opulence d’un Rubens et de la distinction élégante d’un Van Dyck. Arthur De Rudder. '9fié