ForsideBøgerExposition Universelle In… De L'exposition, Vo.l 1

Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910
Organe Officiel De L'exposition, Vo.l 1

Forfatter: E. Rossel

År: 1910

Sted: Bruxelles

Sider: 452

UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel

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L’EXPOSITION DE BRUXELLES Les autres célèbrent le repos de la richesse con- quise et nous donnent l’image de la Flandre joyeuse et bien nourrie des chambres de rhétorique et de l’époque où Rubens peignait sa kermesse et donnait un air de fête à la montée au calvaire; mais tous sortent si naturellement du sol et de son passé qu’on ne peut rien comprendre à l’histoire de notre pays sans eux, et qu’on ne peut pas les aimer comme ils doivent être aimés sans connaître quelque peu cette histoire. N’est-ce pas, en effet, dans nos hôtels de ville que se trouve inscrite l’originalité véritable de notre histoire? Toute l’Europe fut chrétienne et féodale, tout le monde occidental se hérissa de ces églises qui déchirent le ciel de leurs clochers ajourés et de ces châteaux formidables qui racontent une époque d’incertitudes, de brigandages et de chevalerie. Mais, hormis l’Italie, le nord de la France et le Rhin, aucune province de la vieille Europe n’a eu la vie municipale intense, laborieuse et variée qui a trouvé sur notre sol le terrain fécond où se déve- lopper. Dans nos provinces au climat assez rude et dont le sol n’était primitivement pas très fertile, l’aristocratie terrienne n’a jamais été très puissante. Les villes, au contraire, les communes ont été grandes et fortes dès qu’elles ont pu vivre. Ce n’est pas d’hier, en effet, que notre peuple demande à l’industrie une nourriture que son sol trop étroit ne peut lui donner. De bonne heure les villes ont été nombreuses dans le comté de Flandre, le duché de Brabant, la principauté de Liége. La centralisation nécessitée par une civilisation manu- facturière a groupé dans ce pays les populations à l’heure où presque dans toute l’Europe elles demeuraient fragmentées, isolées. Aussi est-ce dans la vie communale que s'est le plus puissamment exprimé leur énergie. C’est cela que racontent les hôtels de ville. Merveilleuse histoire qui dans enferme le l’enseignement du passé conseil de l’a venir ! Aussi le peu- servé un respect sentimental pour ces œuvres où s’est concentrée sa gloire et dont il a été l’unique artisan. Aucune de nos communes n’a marchandé l’argent nécessaire à leur restauration et presque toutes les restaurations ont été menées à bien. A Bruxelles, ce n’est pas seulement l’hôtel de ville lui-même à quoi l’on a pris soin de rendre toute sa splendeur passée : on lui a restitué son cadre de vieilles maisons opulentes. A Ypres on a su rendre à la grande salle de la Halle-aux-Draps son aspect d’autrefois; sous l’enchevêtrement des ais de chêne de son toit on a disposé des fresques ingénieuses où toute l’histoire de la cité, la belli- queuse et la pacifique, est racontée. A Gand, à Louvain, à Audenaerde on a su rendre aux façades leur caractère primitif, et si la Violette, à Liège, d’une construction beaucoup plus récente, n’a pas la même splendeur architecturale, on a du moins pris soin de lui conserver son caractère autochtone, son charme bourgeois et le bon accueil wallon dont elle porte l’empreinte. Tout cela fait une admirable leçon d’art architectural. Sur le terri- toire exigu de nos neuf provinces, toute l’histoire de l’architecture civile dans le nord de l’Europe a laissé ses traces les plus caractéristiques, et il y a là comme une exposition rétrospective de l’art municipal en Occident. L. Dumont-Wilden. L’hôtel de ville de Bruxelles L’hôtel de ville de Bruxelles mérite une mention spéciale. De tous les monuments du vieux Bruxelles il n’en est pas qui rappelle de plus puissants sou- venirs que ’ l'antique hôtel de ville, le Palais du Peuple, comme on le nommait au- trefois. *3fe Gand — Hôtel de Ville Les uns rappellent de joyeuses fêtes, les autres de sanglants souvenirs, conservant la mémoire des luttes héroïques des ancêtres pour la conquête ou la conservation de précieuses libertés. Aussi l’histoire de cet édifice, l’un des plus remarquables de Belgique tant par la hardiesse de sa conception que par la valeur de ses détails, a-t-elle exercé la plume de nombreux auteurs. « Malheureusement, les chroniques locales — dit M. A. Wauters — n’offrent que des débris insignifiants pour l’histoire de l’hôtel de ville de Bruxelles, et cette histoire, dans ces derniers siècles, a encore été obscurcie par les fables qu’on a inventées pour suppléer aux faits. » Quel est le Bruxellois qui n’a entendu raconter de quelle façon tragique Jean de Ruysbroeck, désespéré de n’avoir pas placé la tour au milieu de la façade, aurait mis fin à son existence ? Or, l’édifice ayant été bâti en différentes fois, c’est évidemment un conte inventé après coup. Eli bien ! savez-vous qui sé fit le propagateur de ce potinage? Ce fut.le poète Regnard, celui dont Voltaire a dit : « Qui ne se plaît avec Regnard n’est pas digne d’admirer Molière. » Il est vrai qu’il faut ajouter, d’après CoJin de Plancy, que Regnard a été victime d’une zwanze toute bruxelloise. Le poète arriva à Bruxelles le 12 mai 1681, muni de lettres de recommandation pour maitre Simon de Fierlant, chancelier de Brabant, maître Jean Locquet, président au Grand-Conseil, mes- sire Mathias de Crumpipen, conseiller de monsei- gneur le prince de Parme. Ces graves person- nages lui firent les honneurs de Bruxelles. Après un bon dîner — ce que Regnard ne dédaignait pas — ils lui contèrent la fameuse légende suivant laquelle Jean de Ruysbroeck, ayant vendu son âme au diable pour une grosse somme d’argent et s’étant ensuite aperçu qu’il lui avait joué le mauvais tour de déranger son plan, se serait pendu de désespoir. Regnard, qui s’est peint lui-même dans sa comédie Le Distrait, aurait-il pris au sérieux, par distraction, la moitié de cette historiette? Toujours est il que la relation de son A voyage en Flandre il la rapporte en ces H termes: « L’hôtel de ville de Bruxelles est un bâtiment assez curieux; il fut fait par un Italien (!), qui se lendit de désespoir d’avoir manqué à mettre la tour au milieu, comme son épitaphe le fait connaître. Cet hom- me fit par avance de lui ce qu’aurait fait le bour- reau ; il ne méritait îP pas moins qu’une corde pour avoir manqué à un point où desgens qui n’au- raient pas la moin- dre connaissance de 1'architecture ne manqueraient pas. » Et voilà comment un bon poète écrivit une mauvaise his- toire. M. Marchai,dans son Introduction au Guidede Bruxelles, imagine que la mai- son communale de- vait, suivant le plan primitif, occuper tout le côté méridio- nal de la place et consister en deux bâtiments semblables, ornés chacun d’une tour surmontée des statues de saint Michel et de sainte Gudule. Or, sainte Gudule n’a jamais été la patronne que de son église, et la qualité de patron de Bruxelles fut toujours uniquement attribuée à saint Michel.