ForsideBøgerExposition Universelle In… De L'exposition, Vo.l 1

Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910
Organe Officiel De L'exposition, Vo.l 1

Forfatter: E. Rossel

År: 1910

Sted: Bruxelles

Sider: 452

UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel

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L’EXPOSITION DE BRUXELLES 77 Audenarde — L’Hôtel de Ville M. E. Van Bemmel donne à ce sujet une expli- cation qui paraît assez plausible. On n’ignore point, dit-il, que dans les constructions de cette époque les tours se plaçaient non pas au centre, mais aux angles extrêmes. Or, la tour de l’hôtel de ville est située à l’angle de l’édifice primitif (l’aile gauche de la partie anté- rieure) ; il suffit pour s’en convaincre de remar- quer la façon dont la grande porte est disposée : elle a été percée dans la base de la tour, vers la gauche et non au milieu, afin que la solidité de la construction ne fût pas compromise du côté où aucun bâtiment ne venait l’appuyer. L’aile droite de l’hôtel communal a été adjointe après coup. Elle ne fut commencée qu’en 1445. Enfin, quelques chroniqueurs racontent que l’endroit où fut bâti l’hôtel de ville de .Bruxelles était anciennement un étang; d’autres ajoutent qu’on fut obligé d’asseoir les fondements de cet édifice sur des sablières enveloppées de cuir de boeuf. Mais toutes ces versions légendaires ont été mises à néant depuis les précieux travaux du savant archiviste de la ville de Bruxelles M. Alp. Wau- ters, auteur de la meilleure monographhie de ce monument. * * * . Un fait paraît certain, c’est qu’au XIIIe siècle on ne voyait autour de la Grand’Place que des mai- sons en bois entourées de jardins et, çà et là, quelques habitations en pierre, demeures féo- dales, des premières familles patriciennes de la ville. Ces constructions, formant de véritables châteaux, écrasaient par leur massive structure les misérables logements des artisans et des détaillants. N’oublions pas de rappeler que le grand marché de Bruxelles se tint longtemps le long de la grande chaussée, c’est-à-dire la rue du Marché-aux-Herbes actuelle, et que le marché aux poissons se trouvait alors entre la rue de la Colline et la rue des Harengs; cette dernière a conservé son nom de la denrée que l’on y débitait. Dès l’année i38o, dit l’abbé Mann, on avait commencé à acheter et à abattre des maisons à l’endroit où l’on avait dessein d’ériger l’hôtel de la commune. Les premiers travaux commencèrent en 1402. Quarante-deux ans après, le 5 mars 1444, le jeune comte de Charolais — qui devait illustrer plus tard la maison de Bourgogne sous le nom de Charles le Téméraire — alors âgé de 10 ans. posait la première pierre de l’admirable tour de cet édifice. De grandes fêtes eurent lieu pour célébrer cette solennité. Le duc de Bourgogne Philippe le Bon, qui avait été occupé à conquérir le Luxembourg, fit sa rentrée à Bru- xelles, où il fut reçu par son fils le comte de Charolais et d’autres jeunes gens de son âge : Jean de la Trémouille, Philippe de Croy. Guy de Brimeu, Charles de Ternant, Philippe de Crè- vecœur, Philippe de Wavrin, etc., tous montés sur de petits chevaux. Cette brillante cavalcade était accom- pagnée du Magistrat de la ville, des métiers, des serments, qui conduisirent le souverain jusqu’au palais. Le bon duc Philippe fit à cette occa- sion crier un grand tournoi, qui eut lieu sur la place et dont cinq joyaux d’or furent les prix. En 145.4, au sommet de la belle flèche de labour de l’hôtel de ville, on posa une table en pierre de douze pieds de circonférence, et sur cette pierre un globe en cuivre doré supportant la statue colossale de saint Michel, qui tourne à tous vents et-sert de girouette. Gette statue, haute de cinq mètres, est formée de plaques de cuivre, travail de dinan- derie d’une remarquable solidité. Ce groupe est travaillé au repoussé en plaque ou en tôle de cuivre rouge et seyait, d’après la tradition populaire, l'œuvre d’un simple^chaudronnier bru- xellois ou brabançon, nommé Martin Van Rhode, auquel il fut payé pour ce travail.la somme de 24 florins 2 sols de Brabant. L’artisan ou l’artiste a com- biné son travail de manière que tous les membres en mouvement du personnage principal, l’ange,, étant sur la même ligne, donnent sur tous les points égale- ment prise au vent et que le-, groupe tourne comme une simple girouette à la plus faible brise. La tour entière, y compris la sta- tue, s’élève à 96 mètres 63 centimètres (35o pieds 3 pouces) au-dessus du pavé de la Grand’Place. * L’hôtel de ville de Bruxelles forme un carré .long, isolé, composé de quatre corps de bâtiments reliés entre eux autour d’une cour centrale. La partie postérieure date du com- mencement du XVIIIe siècle. Elle est l’œuvre de Van Mervem. C’est sur cet emplacement que la Gilde de la dra- perie possédait autrefois un vaste bâti- ment nommé la Halle aux draps, dont le duc de Brabant Jean III, posa la première pierre en i353. On sait qu’au XIIIe siècle les draps de Bruxelles jouissaient d’une réputation euro- péenne. La partie antérieure de ce monument, ou façade principale, se développe du côté de la Grand’Place sur une longueur de 80 mètres et comprend : i° un rez-de-chaussée précédé d’un portique de dix-sept arcades ogivales supportant une plate-forme appelée la Bretèque (de Puye), où se publiaient les lois et les ordonnances; 20 deux étages, éclairés par qua- rante fenêtres rectangulaires. Une balustrade cré- nelée règne à la naissance du toit. De forme élancée et couvert en ardoises, ce toit est percé de quatre-vingts petites lucarnes, placées sur quatre rangs. Les angles de la façade sont flanqués de tourelles octogones se terminant par une aiguille. Entre la onzième et la douzième arcade du portique s’élève la merveilleuse tour. * * * Sous le règne de Philippe le Bon, le rez-de- chaussée donnant rue de la Vrunte, ou de l’Amigo, était partagé en plusieurs parties dites : la maison aux chariots, la maison de la menui- serie, la maison aux quatre galeries et la maison du fer. A l’étage se trouvait la salle aux dra-ps propre- ment dite, c’est-à-dire la galerie où les draps étaient exposés en vente. Chaque drapier y avait son échope ou stalle et débitait ses étoffes — qu’il avait fait fabriquer — aux marchands étrangers et surtout aux lakensnijders ou coupeurs de draps, qui revendaient en détail. Le tribunal des doyens de la gilde, chargé de décider sur toutes les contestations des mar- chands, siégeait dans une salle spéciale, dite la Chambre du Serment (de Gulde Camere), où se donnaient également les grands banquets, car on dînait beaucoup à l’hôtel de ville en ce temps-là. Louvain — Hôtel de Ville