ForsideBøgerExposition Universelle In… De L'exposition, Vo.l 1

Exposition Universelle Internationale De Bruxelles 1910
Organe Officiel De L'exposition, Vo.l 1

Forfatter: E. Rossel

År: 1910

Sted: Bruxelles

Sider: 452

UDK: St.f. 061.4(100)Bryssel

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8o L’EXPOSITION DE BRUXELLES Décadence. — Cependant, au moment où Bruges se disposait à jouir de la fortune acquise se mani- festèrent les premiers symptômes du mal dont elle allait périr : l’ensablement du Zwyn. Au début du XIVe siècle, un premier cri d’alarme retentit : des navires, faute d'eau, n’avaient pu aborder! On remédia promptement au malaise dont souffrait le canal, et le siècle s’acheva sans grand dommage pour le commerce brugeois. Mais au XVe siècle le danger reparut soudain, plus alarmant que jamais. Des troubles maritimes répétés avaient modifié profondément la côte flamande. Jacqueline de Bavière constate que par suite des inondations « la rivière de l’Escaut, la Honte, qui par avant avoit esté petite, estroite’et peu’parfonde,estoit devenue si grande, large et parfonde que les marchans estran- gers, commençoient à prandre par là leur chemin pour tirer en Brabant ». C’en était fait de Bruges. Premiers départs des marchands. — Déjà à la fin du XVe siècle l’ensablement du précieux estuaire ne permet plus que la navigation difficile et lente de quelques allèges. Les étrangers désertent et se rendent à Anvers. Déjà les Espagnols ont donné le signal du départ, les Anglais et les Allemands ont suivi. Appels désespérés. — Bruges tente alors un suprême effort. En iqgS, elle envoie des députés à Ferdinand d’Aragon pour le supplier de faire ren- trer les Espagnols dans ses murs. En même temps elle expédie deux échevins à Lubeck pour essayer de fléchir les marchands oosterlings. En i5o6 elle Hotel Gruuthuuse se hâte vers Londres pour demander aux maisons anglaises de renouer des relations interrompues. A tous elle assure que, par d’utiles travaux, le havre du Zwyn a été amélioré et qu’une paix profonde a éteint à jamais les vieilles rancunes d’Ypres et de Gand. Vingt ans plus tard, désespérée de l’insuccès de ses démarches, elle envoie un navire au devant d’une flotte vénitienne, à l’ancre dans les ports d’Angleterre, pour l’engager à se diriger vers l’Ecluse. Elle certifie que les digues du Zwartegat ont été rétablies, et pour calmer les terreurs des pilotes étrangers elle ajoute qu’elle a vérifié à la sonde la profondeur des eaux du Zwyn. Ruine consommée. — Mais les marchands les plus riches se détournent sans cesse davantage des côtes de Flandre. Au XVIe siècle, les Fugger et les Welser, détenteurs fameux de la Banque euro- péenne, les Galteretti de Florence, les Bonvisi de Lucques, les Spinola de Gênes, ont fixé sans retour leurs succursales à Anvers. La vieille cité brugeoise reste veuve de ses dix-sept nations, et près d’elle languissent ses deux filles, l’Ecluse et Damme. L’Ecluse se perd dans les sables, le port de Damme s’efface, et la charrue trace le sillon là où jadis les eaux caressaient la carène des navires. Les feux jadis allumés sur les tours-phares de Lisseweghe et de Westcappelle sont éteints. Bruges, privée de ses eaux, s’est lentement endormie. Vers l’avemr. — Aujourd’hui on lui a rendu ce dont la perte a causé sa ruine : des eaux, un port. Elle secoue son linceul, se lève majestueuse, et Bruges la moderne, comme Bruges la médiévale, contemple avec confiance la mer. G. Des Marez. Le Vieux Bruges — Le Bourg et les Halles a vol d’oiseau, par Gheeraerts (iS62)